Affichage des articles dont le libellé est critique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est critique. Afficher tous les articles

mardi 2 juillet 2013

Victor Hugo, la misère et les politiciens

0 commentaires


Il est toujours délicat de tenter de résumer Victor Hugo. Romancier, poète, polémiste, Hugo s’est imposé dans le paysage littéraire français de son époque du fait de son talent, c’est indéniable, mais également de la masse de travail abattue. Hugo est grand car Hugo écrit énormément, écrit sur tout et passe les décennies en changeant de visage.

Le Hugo romantique de Ruy Blas n’est plus le Hugo polémique de Napoléon le petit et pas encore celui des grandes fresques sociales comme Les Misérables. Le Hugo dont je veux vous parler aujourd’hui est proche du Hugo de Valjean et Cosette. 


Dans L’Homme qui rit, le romancier s’essaie un peu à la peinture réaliste de la société anglaise de la fin du XVIIème, début XVIIIème. Mais là n’est pas l’unique but d’Hugo. Hugo n’est pas Zola, il ne compile pas ni ne traîne dans les rues de la Goutte d’Or pour retranscrire l’odeur du peuple dans ses romans, Hugo est un éternel romantique, plus amoureux du lyrisme que de l’exactitude des sciences.

Du coup, quand Hugo parle du peuple, il ne cherche pas comme Zola à expliquer scientifiquement les conséquences par des causes (le fameux déterminisme qui repose sur l’hérédité et le milieu que Zola détaille dans Le Docteur Pascal) mais à s’emporter contre des conséquences qu’il observe et déplore. Hugo reste un sentimental, sa vision est toujours un peu grossière mais elle est sincère, naïve mais sincère.



Si Zola raillait Hugo dans Le Roman expérimental, il ne faudrait pas jeter trop rapidement la critique politique d’Hugo. En effet, la force du romancier, c’est son emphase. Sa capacité à atteindre par ses mots la grandiloquence. Le discours de Gwynplaine à la chambre des Lords à la fin du roman L’Homme qui rit symbolise parfaitement son goût pour les envolées lyriques, l’alliance du cri de révolte et de sa poésie, parfois jugée ampoulée par certains. 

Gwynplaine, orphelin dont le visage a été mutilé (un sourire permanent trône sur son visage) apprend après avoir vagabondé tout en jouant dans une troupe itinérante qu’il est un noble. Accédant au trône en Angleterre, il s’élance à la chambre des Lords dans une défense du peuple, une attaque frontale des hommes politiques qui lui font face (imbus d’eux-mêmes, inefficaces) et une dénonciation de la misère.



La sincérité d’Hugo est sa force même si son discours ne se veut pas technique ni rigoureux. C’est un cri. Un cri que l’on pourrait renouveler tant ces Lords que Gwynplaine tance font penser à nos ventripotents français ou européens. Ces députés européens qui pointent le matin pour toucher leur enveloppe avant de repartir aussi sec se soucient-ils encore du peuple ? Nos députés français qui veulent réformer les régimes spéciaux, toujours à cause de cette sacro-sainte crise et dette nationale, mais jamais en appliquant la rigueur à leur régime font-il encore corps avec le peule qu’ils représentent ? Encore aujourd’hui, il y a de quoi être en colère, à cette époque où la rigueur sévit et détruit, à l’heure où la Grèce en arrive à vendre ses îles, ses ports, à baisser le salaire de ses fonctionnaires. Hugo écrirait probablement, s’il était encore de notre monde, de vibrants plaidoyers pour défendre le peuple. 

« - Alors, cria-t-il, vous insultez la misère. Silence, pairs d’Angleterre ! juges, écoutez la plaidoirie. Oh ! je vous en conjure, ayez pitié ! Pitié pour qui ? Pitié pour vous. Qui est en danger ? C’est vous. Est-ce que vous ne voyez pas que vous êtes dans une balance et qu’il y a dans un plateau votre puissance et dans l’autre votre responsabilité ? Dieu vous pèse. Oh ! ne riez pas. Méditez. Cette oscillation de la balance de Dieu, c’est le tremblement de la conscience. Vous n’êtes pas méchants. Vous êtes des hommes comme les autres, ni meilleurs, ni pires. Vous vous croyez des dieux, soyez malades demain, et regardez frissonner dans la fièvre votre divinité. Nous nous valons tous. Je m’adresse aux esprits honnêtes, il y en a ici ; je m’adresse aux intelligences élevées, il y en a ; je m’adresse aux âmes généreuses, il y en a. Vous êtes pères, fils et frères, donc vous êtes souvent attendris. Celui de vous qui a regardé ce matin le réveil de son petit enfant est bon. Les cœurs sont les mêmes. L’humanité n’est pas autre chose qu’un cœur. Entre ceux qui oppriment et ceux qui sont opprimés, il n’y a de différence que l’endroit où ils sont situés. Vos pieds marchent sur des têtes, ce n’est pas votre faute. C’est la faute de la Babel sociale. Construction manquée, toute en surplombs. Un étage accable l’autre. Ecoutez-moi, je vais vous dire. Oh ! puisque vous êtes puissants, soyez fraternels ; puisque vous êtes grands, soyez doux. Si vous saviez ce que j’ai vu ! Hélas ! en bas, quel tourment ! Le genre humain est au cachot. Que de damnés, qui sont des innocents ! Le jour manque, l’air manque, la vertu manque ; on n’espère pas ; et, ce qui est redoutable, on attend. Rendez-vous compte de ces détresses. Il y a des êtres qui vivent dans la mort. Il y a des petites filles qui commencent à huit ans par la prostitution et qui finissent à vingt ans par la vieillesse. Quant aux sévérités pénales, elles sont épouvantables. Je parle un peu au hasard, et je ne choisis pas. Je dis ce qui me vient à l’esprit. Pas plus tard qu’hier, moi qui suis ici, j’ai vu un homme enchaîné et nu, avec des pierres sur le ventre, expirer dans la torture. Savez-vous cela ? non. Si vous saviez-ce qui se passe, aucun de vous n’oserait être heureux. »

L’Homme qui rit, Victor Hugo 


 
Suivez-nous sur Facebook : https://www.facebook.com/LeBreviaireDesVaincus

Suivez-nous sur twitter : https://twitter.com/breviairelitt


jeudi 14 février 2013

Etienne de La Boétie et l'habitude

0 commentaires

Vous allez être redirigé vers le nouveau site dans 10 secondes, ne fermez pas la page !


Redirection en htm
Même si les humanistes du 16ème siècle ne furent pas de grands critiques du pouvoir politique, ils tentèrent plus de moraliser les princes et par conséquence la politique menée, on relève l'existence d’Étienne de La Boétie dans le rang des insurgés.

En effet, son court essai, Discours de la servitude volontaire, est une charge virulente envers le pouvoir mais, plus encore, et c'est bien cela qui lui donne un caractère universel, une peinture juste et puissante de l'homme. De l'homme en société, de l'homme face au pouvoir.



C'est en constatant la justesse d'écrits datant de plusieurs siècles que l'on reconnait la force de la littérature et du monde des idées. La Boétie, à la manière d'un moraliste du XVIIème siècle qui part du particulier pour aller au général (Les Caractères de La Bruyère, Les Fables de La Fontaine, etc.), analyse et critique des traits de caractère du genre humain. Ces traits sont ceux de la servitude, de l'homme qui baisse les bras et accepte le joug des puissants.

La Boétie fustige l'habitude car c'est elle qui amène l'homme a tout accepter. Cette "seconde nature" comme dirait Pascal est en effet l'ennemi de l'homme et l'allié des puissants. Que l'on pense à aujourd'hui, l'individu lambda accepte avec joie l'habitude d'une vie réglée, absolument innocente, il l'accepte et permet ainsi la stabilité d'un système même si ce dernier est verrolé.

L'habitude, c'est celle de se poser devant sa télévision la semaine pour regarder une énième connerie, c'est accepter de ne pas réfléchir, de ne pas mettre à mal ses capacités intellectuelles; c'est refuser de se dépasser, de transcender sa condition par l'esprit, de décortiquer l'actualité pour mieux l'avaler tout rond. En clair, c'est cette pensée pantouflarde qui consiste à ne rien faire, à accepter de marcher dans les clous. Aller voter tranquillement, en alternant à chaque fois bien entendu, comme si le pouvoir politique résidait encore dans les mains des partis, comme si la question politique se restreignait aux partis nationaux.

L'homme qui vit pleinement dans l'habitude est l'allié du pouvoir car il ne pense pas, il se fond dans le moule, il ne s'insurge pas, il regarde sa télévision et parfois il vote, ou il fait grève. Même ses sursauts sont contrôlés. Jamais il ne déchirera sa carte d'électeur, jamais il n'essaiera de modifier sa vie, bien trop tranquille et flemmarde. L'ennemi de la liberté, c'est l'habitude ; l'allié du pouvoir, c'est l'habitude. La Boétie le disait déjà en son temps.

"L'habitude qui, en toutes choses, exerce un si grand empire sur toutes nos actions, a surtout le pouvoir de nous apprendre à servir : c'est elle qui à la longue (comme on nous le raconte de Mithridate qui finit par s'habituer au poison) parvient à nous faire avaler, sans répugnance, l'amer venin de la servitude." 

Pour nous suivre plus facilement, abonnez-vous à notre flux RSS :http://feeds.feedburner.com/BrviaireDesVaincus 

Suivez-nous sur Facebook : https://www.facebook.com/LeBreviaireDesVaincus

Suivez-nous sur twitter : https://twitter.com/breviairelitt

lundi 21 janvier 2013

Zola sur Victor Hugo

0 commentaires

Vous allez être redirigé vers le nouveau site dans 10 secondes, ne fermez pas la page !


Redirection en htm La question du naturalisme me semblait difficile à appréhender. En effet, Zola fonde le naturalisme mais personne, à part lui, ne veut s'en réclamer. C'est en lisant Le Roman expérimental, recueil d'article de Zola cherchant à expliquer sa théorie de la littérature, que je compris mieux ce qu'était cette école littéraire.

Au fond, le naturalisme n'est qu'une vision de l'Histoire. Et plus spécifiquement de l'Histoire littéraire. Zola retrace dans l'article "Lettre à la jeunesse" une histoire littéraire sous un angle naturaliste. Pour lui, le naturalisme a existé depuis le début, a évolué mais on en trouve des traces au fil des siècles jusqu'au XIXème siècle qu'il étudie plus spécifiquement. Zola prend Balzac pour modèle mais n'arrête pas au romancier de la Comédie humaine sa définition du naturalisme.


Malgré ce que Zola veut nous faire croire, autrement dit que la littérature peut s'appliquer à elle-même des théories scientifiques émanant de Claude Bernard (et de son Introduction à l'étude de la médecine expérimentale), ce qui semble assez délicat car Zola ne se fonde que sur des observations branlantes et non sur un matériau tangible (au mieux il est un sociologue mais pas un scientifique, donc du côté des sciences molles plus que des sciences dures, malgré l'application de sa théorie de l'observation et de l'expérimentation), on trouve quelques remarques brillantes dans cette anthologie.

Je voulais en rapporter une pour ce billet. Elle concerne Victor Hugo. Zola apprécie le poète mais est très critique envers le penseur. Je rejoins pour ma part entièrement Zola, Hugo est lyrique mais grossier dans sa réflexion. C'est probablement cette grossièreté, Les Misérables est une vision caricaturale de l'opposition riches/pauvres (avec un Jean Valjean quasi christique et des innocents plus blancs que blancs), qui conduit Victor Hugo à être encore et toujours adapté au cinéma (sous peu, on relève l'apparition d'une comédie musicale américaine sur le roman d'Hugo). 

Il est plus délicat de faire du spectaculaire avec La Comédie humaine de Balzac, ou plus proche de nous avec Voyage au bout de la nuit de Céline. Hugo, par son utilisation de types, sa vision caricaturale des oppositions internes à une société, ne bouscule pas vraiment le lecteur. Il est un joyeux critique, lyrique, mais la portée de son tir est très faible. Je me faisais donc ce constat en lisant Hugo, et je m'aperçus que déjà à son époque Zola critiquait de la sorte son collègue romancier, poète et dramaturge. 

Même si on peut reprocher à Zola de prendre ses visions pour la réalité, un bourgeois de Zola reste un bourgeois de Zola et non le bourgeois (d'ailleurs lequel ?), on ne peut pas nier que l'auteur naturaliste amassait une foule de documents pour décrire au plus juste l'univers traité. Le problème est plus du côté de l'objectif/subjectif que de la qualité de la critique. Car, la critique existe, est souvent solide, et documentée. Ce qui n'est clairement pas le cas chez Hugo qui se contente de peindre grossièrement, à la manière d'un Eugène Sue, la pauvreté et les riches.

"Si j'applaudis Victor Hugo comme poète, je le discute comme penseur, comme éducateur. Non seulement sa philosophie me paraît obscure, contradictoire, faite de sentiments et non de vérités; mais encore je la trouve dangereuse, d'une détestable influence sur la génération, conduisant la jeunesse à tous les mensonges du lyrisme, aux détraquements cérébraux de l'exaltation romantique. 

Et nous venons bien de le voir, à cette représentation de Ruy Blas, qui a soulevé un si grand enthousiasme. C'était le poète, le rhétoricien superbe qu'on applaudissait. Il a renouvelé la langue, il a écrit des vers qui ont l'éclat de l'or et la sonorité du bronze. Dans aucune littérature, je ne connais une poésie plus large ni plus savante, d'un souffle plus lyrique, d'une vie plus intense. Mais personne,  à coup sûr, n'acclamait la philosophie, la vérité de l’œuvre. Si l'on met à part le clan des admirateurs farouches, de ceux qui veulent faire de Victor Hugo un homme universel, aussi grand penseur qu'il est grand poète, tout le monde haussent les épaules aujourd'hui devant les invraisemblances de Ruy Blas. On est obligé de pendre ce drame comme un conte de fées sur lequel l'auteur a brodé une merveilleuse poésie. Dès qu'on l'examine, au point de vue de l'histoire et de la logique humaine, dès qu'on tâche d'en tirer des vérités pratiques, des faits, des documents, on entre dans un chaos stupéfiant d'erreurs et de mensonges, on tombe dans le vide de la démence lyrique."

Pour nous suivre plus facilement, abonnez-vous à notre flux RSS :http://feeds.feedburner.com/BrviaireDesVaincus 

Suivez-nous sur Facebook : https://www.facebook.com/LeBreviaireDesVaincus

Suivez-nous sur twitter : https://twitter.com/breviairelitt

mardi 29 mars 2011

Extrait - Philippe Muray et le festif

0 commentaires

Vous allez être redirigé vers le nouveau site dans 10 secondes, ne fermez pas la page !


Redirection en htm
Grâce au récent spectacle de Fabrice Luchini au théâtre de l’atelier, à Paris, le « grand public » découvre ou redécouvre la prose du regretté Philippe Muray. Pourfendeur de l’homo festivus, ou du « tout festif », anti-moderne par excellence, l’essayiste français savait, avec un style ciselé bien que maniéré parfois, un peu tricoteur sur les bords dans ses développements, s’attaquer aux vaches sacrées de son temps. La gauche incapable de régler les vrais problèmes économiques, les politiciens de face comme Ségolène Royal, la misère amoureuse de nos contemporaines, etc.

Relire Muray, c’est tirer à boulets rouges sur nos acquis, remettre en marche un cerveau larvé, ramolli par des certitudes construites par le temps et des mécaniques culturo-politiciennes. Bref, à la manière d’un Descartes mettant entre parenthèses son savoir afin d’accoucher du cogito ergo sum, mettre en suspens ces idées que l’on considère comme la normalité. L’extrait ci-dessous est tiré de son ouvrage, une vraie somme, Après l’Histoire. Quelques lignes pour résumer la vision de Muray à propos du festif.



« Le festif est une fiction sans antagoniste. Bientôt, il n’y aura même plus de langage pour le définir parce que le langage tout entier sera passé de son côté ; Il n’est déjà presque plus possible de raisonner autrement qu’en termes festifs. Même les plus sombres événements s’en trouvent modifiés. Il n’y a déjà pratiquement plus de catastrophes, ou d’accidents, que du loisir : des affaires de camping tragique, des fêtes en mer qui tournent mal et des histoires de neige qui tue. Et lorsque soixante-huit personnes se font massacrer à Louxor, tout ce que déclenche cette boucherie ce sont des réflexions sur la chute du tourisme en Egypte. Parce qu’il n’y a plus de personnes ; et que l’on ne peut déjà plus, où que ce soit, massacrer que des touristes. ».

jeudi 29 juillet 2010

Bazar littéraire - Murakami et la prostitution

0 commentaires
Avec un déménagement dans les pattes, pas simple de reprendre les bonnes habitudes. Voici donc un nouvel épisode du bazar littéraire consacré aujourd'hui à l'écrivain Ryu Murakami et son livre Miso Soup.

lundi 5 juillet 2010

Bazar littéraire - Halimi et le journalisme

1 commentaires
Nouvel épisode du bazar littéraire, au programme "Halimi et le journalisme" ou comment présenter le livre Les Nouveaux chiens de garde.

dimanche 27 juin 2010

Extrait - Cavanna et l'enfance

0 commentaires

Vous allez être redirigé vers le nouveau site dans 10 secondes, ne fermez pas la page !


Redirection en htm Cavanna n'est pas qu'un journaliste/éditorialiste, il est, ou a été plutôt, un écrivain talentueux. Dans la veine d'un Alphonse Boudard, avec un langage argotique et une certaine nervosité dans les descriptions, ce fils d'italiens dépeignait son enfance de manière admirable dans son livre Les Ritals. L'enfance dans une France en reconstruction, encore bricolée, avec la cruauté du quotidien de ces chers bambins. Une enfance avec ses initiations également. Premiers larcins, premières découvertes sexuelles. Du coup, derrière la virulence du langage, se cache une grande tendresse et un beau livre sur l'enfance.

Dans l'extrait ci-dessous, on peut lire un portrait/critique du narrateur à propos des pêcheurs. Drôle, vif et d'une incroyable justesse. Le regard acéré ou comment critiquer les petites gens, avec intelligence.

 L'écriture, toujours l'écriture

"Sur la Marne, il y a aussi les pêcheurs. Des vieilles merdes qui louent un emplacement avec un piquet pour amarrer une barque plate, peinte en vert, aussi déprimante à voir qu'une pantoufle charentaise. Ils restent là, des plombes et des plombes, à guetter le bouchon, faut avoir de la purée de marrons à la place du cerveau.Et quand ils en sortent un, ces enfoirés, un gardon comme mon petit doigt, je me barre, je les fracasserais à coups de parpaing, je les balancerais à la baille, je sens la colère rouge qui monte. Pourriture de braves gens ! Ils te décrochent la bestiole, la gueule arrachée, la jettent dans le panier de zinc, et là, elle se tortillera bâillera étouffera pendant des heures, tout ça pour que ces connards à bidoche grise, à bajoues et à mégot aient un peu de saine distraction au bon air !"

vendredi 28 mai 2010

Bazar littéraire - Gainsbourg et ses vents

0 commentaires
Nouvel épisode du Bazar Littéraire, le troisième déjà.

Au programme, le livre de Serge Gainsbourg, Eugénie Sokolov. Un conte parabolique étonnant.




jeudi 27 mai 2010

Extrait - Finkielkraut et le préjugé

0 commentaires

Vous allez être redirigé vers le nouveau site dans 10 secondes, ne fermez pas la page !


Redirection en htm Aujourd'hui, petit détour par l'un de nos contemporains, Alain Finkielkraut. Plus penseur, essayiste, que philosophe, Finkielkraut reste pourtant une figure intellectuelle intéressante de notre époque. Dans son ouvrage, La Défaite de la pensée, on peut lire une critique de ce temps qui ne cesse de renier ses fondements, la culture et donc son identité, pour des données marchandes. En clair, l'éradication de ce qui n'est pas dans le marché par le marché.

Dans l'extrait qui suit, Finkielkraut nous parle des contre-révolutionnaires et du préjugé comme fédération d'un peuple. Là où les philosophes ne voient qu'un ennemi à combattre. Une critique rare dans une époque où le milieu scolaire ne cesse de chérir les philosophes des Lumières.

Alain défend les préjugés

"En proclamant leur amour du préjugé, contre-révolutionnaires français et romantiques allemands réhabilitent le terme le plus péjoratif de la langue des Lumières, et - comble d'audace, provocation suprême - ils l'élèvent à la dignité de culture. Ce n'est pas, disent-ils, l'obscurantisme qui fleurit sur le sommeil de la raison individuelle, c'est la raison collective. Présence du "nous" dans le "je" et de l'antérieur dans l'actuel, véhicules privilégiés de la mémoire populaire, sentences transmises de siècle en siècle, intelligence d'avant la conscience et garde-fous de la pensée - les préjugés constituent le trésor culturel de chaque peuple. Sous prétexte de répandre les Lumières, les philosophes se sont acharnés contre ces précieux vestiges. Au lieu de les chérir, ils ont voulu les détruire. Et, non contents de s'en défaire pour leur propre compte, ils ont exhorté le peuple à les imiter."

jeudi 20 mai 2010

Bazar littéraire - Molière et les fâcheux

0 commentaires
Nouvel épisode du bazar littéraire. Au programme, Molière et les fâcheux. Une plongée dans l'univers du Molière moraliste.


mardi 27 avril 2010

Réflexion - Les bons et les mauvais livres

3 commentaires
Notre époque a cela d'étonnant qu'elle est perpétuellement dans la négation de la critique. Au développement raisonné et intelligent de l'initié, on préfère l'ectoplasme modulable à souhait qui hoche tranquillement de la tête en disant "J'aime" ou "J'aime pas". Autrement dit, la subjectivité toute puissante éradiquant la critique constructive. L'émotion plutôt que la raison.

 Marc n'est qu'amour

Pourtant, on peut dire qu'un livre est mauvais, ou bon. On peut le démontrer. En abordant ce sujet, je me souviens que lors d'une discussion en classe, cette année, je me suis heurté à l'incompréhension de pas mal de mes camarades. Une de mes collègues m'a même dit, "Qui est-on pour juger ?". La réponse est simple, un initié. Par ma culture, le travail effectué sur des œuvres, ma capacité à réfléchir je peux dire qu'un Marc Levy est une merde infâme. Car, les personnages sont des stéréotypes grossiers (contrairement à un Djian qui les déforme avec malice), des histoires qui se confondent dans le pathos le plus mièvre qu'il soit doublées d'un style à peine digne de la prose d'un enfant de cinq ans.

En lisant il y a peu Comme un roman de Daniel Pennac, je suis tombé sur un passage expliquant merveilleusement bien cette distinction que l'on doit opérer entre les bons et les mauvais livres.

 Le vilain romancier qui ose réhabiliter la critique

"Pour être bref, taillons très large : disons qu'il existe ce que j'appellerai une "littérature industrielle" qui se contente de reproduire à l'infini les mêmes types de récits, débite du stéréotype à la chaîne, fait commerce de bons sentiments et de sensations fortes, saute sur tous les prétextes offerts par l'actualité pour pondre une fiction de circonstance, se livre à des "études de marché" pour fourguer, selon la "conjoncture", tel type de "produit" censé enflammer telle catégorie de lecteurs.

Voilà, à coup sûr, de mauvais romans.

Pourquoi ? Parce qu'ils ne relèvent pas de la création mais de la reproduction de "formes" préétablies, parce qu'ils sont une entreprise de simplification (c'est-à-dire de mensonge), quand le roman est art de vérité (c'est-à-dire de complexité), parce qu'à flatter nos automatismes ils endorment notre curiosité, enfin et surtout parce que l'auteur ne s'y trouve pas, ni la réalité qu'il prétend nous décrire.

Bref, une littérature du "prêt à jouir", faite au moule et qui aimerait nous ficeler dans le moule."

Merci Daniel.

lundi 26 avril 2010

Ouverture du blog

1 commentaires


Emil fait la gueule

Il fallait bien que je me jette à l'eau un moment donné. C'est décidé, j'ouvre mon propre blog. Un blog consacré à la littérature et au cinéma. Je poursuis toujours l'aventure levelfive.fr mais l'envie se faisait sentir de parler de mes deux autres grandes passions.

Du coup, après des jours, des semaines, que dis-je, des mois de réflexion j'ai décidé de créer ce modeste blog. Pourquoi ce titre ? Les amateurs de Cioran le sauront. Une petite explication pour les autres. Bréviaire des vaincus est le nom d'un des ouvrages du philosophe dépressif. Un titre brillant qui claque comme un fouet en cuir sur le cul d'une donzelle.

Mais attention, point de pédanterie ici, le programme sera simple et direct. Rédiger des critiques de films, de livres et vous raconter les étapes de la création d'un livre car oui, chers lecteurs, j'écris depuis déjà quelques années. Mais de projets avortés en résultats médiocres, j'avais abandonné l'idée même d'écrire. Revigorer depuis quelques jours, je me dis qu'il serait de bon ton de m'y remettre et de vous livrer cette douce progression jusqu'à, pourquoi pas, une publication bien réelle.

Il va enfin l'écrire son livre de merde !!!

L'idée de laisser les plus motivés écrire sur ce modeste blog me traverse également l'esprit. Mais n'allons pas trop vite.

Le bréviaire des vaincus s'offre à vous pour son premier jour d'existence.