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samedi 12 juin 2010

Moi et My Major Company Books

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Pour ceux qui veulent me lire, au lieu de retrouver des extraits éparpillés, je me suis inscrit au site My Major Company Books. Ce site reste une arnaque, de l'auto-édition déguisée, mais vous permet de mieux me découvrir et me lire.

 La nouvelle mode et moi


J'ai posté le premier chapitre du roman sur lequel je suis actuellement, format pdf, avec la liseuse du site ça passe niquel. Voilà.

jeudi 10 juin 2010

Fin du chapitre, le concert surprise

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La fin du chapitre, Le concert surprise. 


Ce soir, c'est combat !

"Seulement, je n’étais pas Mère Térésa et mon catéchisme n’était qu’un lointain souvenir. Je la pris par le bras, il fallait bien dégager le passage. A la première secousse, un gémissement. Elle bredouillait des choses complètement inintelligibles. Des sortes de râle de pitié. Son bédot encore à la main, elle avait le bout des doigts calcinés.

A force de garder trop longtemps la précieuse convoitise, cette conne se rôtissait elle-même, en partant des pognes. La colère doublée à une furieuse envie de rendre à César ce qui lui appartient, je soulevai cette blonde décolorée par le col. Mon pantin ne bougeait pas, il se balançait mollement au bout de mes bras. Furieux, je lui assénai une violente droite en pleine face. Une belle manière de rompre avec la fameuse galanterie masculine. K.O en un coup. Tel un Tyson de la belle époque, j’envoyai mon adversaire au tapis avec brutalité.

Sa tête frappa le carrelage des water-closets comme un obus sur une plage de Normandie. Le poc que provoqua le choc me fit découvrir un petit cratère presque mignon. Ma victime, qui venait de perdre une dent, saignait fortement de la bouche. On distinguait une protubérance blanche sortir de la cavité buccale. C’était presque beau.

Par habitude, je commençais à sortir mon sexe pour uriner tranquillement mais c’était sans penser à la redoutable secousse qui vint me rappeler, en un quart de seconde, à peine, le mal dont je souffrais. L’estomac se contractait avec force, la douloureuse sensation de chaud que l’on ressent dans l’œsophage devint plus forte que jamais. A peine le temps d’y penser que la gerbe dorée vint moucheter l’intérieur des toilettes.

Deux violentes secousses me mirent à terre. Sur les genoux, je terminai le boulot commencé. Sale et inutile. A force de raclement de gorges, j’expédiai une grande partie de la pourriture qui stagnait il y a encore quelques secondes dans mon estomac. Nauséeux au possible, en sueur, j’essayais de reprendre mes forces pour pouvoir sortir de ces toilettes et par la même occasion quitter cette assemblée.

Les quelques minutes d’effort qui suivirent me semblèrent durer des heures. Titubant, les jambes en coton, une odeur d’œuf pourri se dégageant de ma bouche, je sortis des toilettes, le salon comme ligne d’horizon. De l'herbe s’étalait sur la table, deux joints tournaient tranquillement pour satisfaire chacun.

Ma montre me signalait qu’il était déjà 3 heures du matin. Il fallait partir. Lucie se rapprochait de plus en plus de Baptiste, les groupies se déshabillaient dangereusement, les autres commençaient à planer. Je me mis dans l’idée de leur dire au revoir, à tous, mais je me retiens de le faire. Mon haleine fatale pourrait me porter préjudice. Et puis, j’ai horreur des joints.

D’un geste de la main, je leur montrai qu’il était temps que je rentre. Leurs gueules béats me répondirent avec un horrible sourire. Je pris la porte en emportant avec moi mon mal de ventre. Soirée de merde."

mercredi 9 juin 2010

Le concert surprise - deuxième suite

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La suite du roman, le chapitre "Le Concert surprise".

Fraternisons mes frères

"Comme tout groupe de la même trempe, les paroles avaient leur importance. « Chansons à texte » précisait Baptiste fier de lui. Apparemment, c’était lui l’auteur de ces saillies. Forcément, idéologiquement très marquées. Il s’agissait de traiter un peu tous les problèmes du monde, les belles causes. Des sans-papiers à la pauvreté, les chansons formaient un tel amas de pathos qu’un diabétique en crèverait rien qu’à la vision de ce galimatias.

Moi je ne mourrais pas, je souffrais en silence. Mon statut d’esthète violemment tancé par ces quelques productions musicales. Assez rapidement, toute l’assistance commença à parler musique, plus précisément du groupe de Baptiste. Fier de lui, tel le Candide de Voltaire, notre brave garçon se lança dans une pénible énumération des tentatives du groupe pour percer.

Ils enchaînaient les sortes de crochets et autres compétitions musicales, dès qu’une salle de concert ou une association mettait sur pied quelque chose qui s’apparentait à ça, le groupe se radinait avec ses dernières productions sous le coude. Malgré la médiocrité ambiante, tout entretien se soldait par un échec. Cuisant et violent.

Je me demandais tout de même comment il faisait, tous, pour vivre. S’ils pensaient vivre de leur « art », mieux valait vivre petitement. Ce qui n’avait pas l’air d’être le cas ici vu l’approvisionnement en bières et pizzas qui formaient désormais une sorte de train lascif de la cuisine jusqu’au salon. La question n’était pas taboue mais était vite éludée, j’eus ma réponse au détour d’une conversation. Ils étaient étudiants.

Tous, Baptiste comme ses camarades. Batteur, bassiste, guitariste la nuit et étudiant le jour. Sans trop faire d’effort, je compris avant même que la chose ne me soit confirmée que papa/maman finançait la vie minable de leurs progénitures. Chacun, le cul bien au chaud, pouvait se permettre de plonger à grandes brasses dans le déni du réel puisque le filin qui les retenait à la surface ne lâcherait jamais. Des parents qui paient l’indépendance de leurs enfants, c’est d’un banal.

La bière, ou plutôt les bières, commençait à faire son effet. Sans être pompette, j’avais le cerveau qui commençait à marcher au ralenti. Typique lorsqu’on ne mange pas en même temps que l’on boit. Du coup, avec un temps de latence plus ou moins grand, j’essayais de suivre les discussions hilares qui m’entouraient sans réussir pourtant à raccrocher les wagons.

A ma droite venait de s’engager un discours philosophico-mystique. Ils parlaient politique avec une naïveté à la hauteur de leur ignorance. Comme des artistes. C’était du Tocqueville sans le talent, du Robespierre sans l’audace, du Marx sans la pertinence. Bref, c’était du rien, du vent, du que dalle.

Pourtant, ils ne pouvaient s’empêcher, groupies, fans comme le groupe, de se pignolaient joyeusement, tous ensemble, dans cette espèce de fraternité répugnante que les gauchistes adorent. Ma seule envie à moi, c’était de me diriger vers les toilettes histoire d’évacuer cette mauvaise bière. Je luttais pour ne pas tout renvoyer, là, maintenant, au milieu de cette instance de joyeux drilles.

J’avais autant envie de gerber que de me lever d’un coup, et beugler, avec force et fracas, mon dégoût pour cette bande de crasseux. "Vous me faîtes chier bandes de cons", je ne le dis pas. Emasculé que j’étais par des années de pacifisme et d’éducation socialisante. Mou du genou, chèvre bêlante, petit médiocre forgée à la lumière du prêt à penser.

Mieux valait éviter l’esclandre, même si la chose me chatouillait de plus en plus. Je préférais me diriger vers les toilettes et faire ma petite affaire. A peine arrivé au lieu-dit, je rencontrai une fois encore la colocataire avec son joint dans les mains. Elle dormait à moitié sur la cuvette des chiottes. Comme cassée."

lundi 7 juin 2010

Le concert surprise - la suite

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Aujourd'hui, j'ai décidé de publier la suite du premier extrait du roman sur lequel je travaille actuellement. Souvenez-vous donc, le narrateur/personnage se retrouve, après un concert d'amis d'une amie, dans l'appartement de l'un des musiciens. Après une visite des lieux, les convives se posent et discutent.


Des groupies déchaînées

"La discussion commença rapidement. Je l’entrecoupais de quelques gorgées de bière. Baptiste se tenait  en face de Cécile. Tous les deux, ils parlaient musique, déliraient gentiment sans se douter que je n’y comprenais rien et que ce communautarisme du rire m’emmerdait profondément. Il y a comme une régression mentale chez certains jeunes qui me donne à vomir. Comme si l’intelligence, la réflexion étaient devenues des gros mots qu’ils faillaient battre à coups de rires imbéciles.

Les autres musiciens étaient dispatchés dans la pièce. Deux sur le canapé, un sur un pouf derrière la table basse. Ils parlèrent du concert bien entendu, de musique, tout en caviardant leurs propos d’un jargon branchouille qui m’était étranger. La soirée allait être longue.  

On sonna, c’était les deux groupies de tout à l’heure. Des poufiasses de premier choix, en total admiration devant ces musiciens de bazar. C'était leur Beatles à eux, sans aucun doute. L’une était brune, assez grosse, avec des lunettes, l’autre affichait une blondeur fadasse doublée d’une maigreur déplorable. Leur jovialité masquait difficilement la vacuité de leurs personnes.

Elles vendaient des colliers de perles à la sortie des concerts du groupe. C'était ça leur but dans la vie. Cette espèce de résidu d'une révolte estudiantine attardée. Une idéologie à peine digne des gogues. Des marginales qui, par un mimétisme dont elles ne se rendaient pas compte, reproduisaient les logiques d’un marché qu’elles critiquaient en le simplifiant à l’extrême. Même pas baisables.

Leurs recettes étaient maigrichonnes, pour ne pas dire risibles. Je dus les embrasser, malgré la forte répugnance que j’avais à poser mes lèvres sur ces joues suintantes de gauchistes. La brune portait une de ces écharpes pleine de couleurs et de discrétion comme on en fait de nos jours. L'autre arborait un bandana rouge, noué autour de son poignet. C’était le genre de connes à parler avec effusion de la liberté, sans comprendre que le libre arbitre c’est le degré zéro de la liberté.

Elles s’assirent à côté de moi, sur le canapé. Elles ne pouvaient s’empêcher de rire aux éclats à chaque fois qu’on leur adressait la parole. Comme une mécanique non justifié mais incontrôlable. Je m’efforçais d’afficher un sourire, en dépit de ma nervosité, pour ne pas trop jurer dans cette assemblée de festifs.

Pour créer une ambiance, comme il aimait à le dire, Baptiste venait de lancer un CD des dernières compositions du groupe. Pas encore connu, mais bourré de talent. Il nous l’assurait avec une telle conviction qu’on ne pouvait que rallier son jugement. Le style, s’il fallait le définir, empruntait à beaucoup d’univers existants. Une sorte de melting-pot foutraque où se retrouvait autant la chanson réaliste à la française que des sonorités africaines ou encore un rock calibré jeunes bourgeois"

mardi 18 mai 2010

Le concert surprise - première étape d'un roman en construction

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J'évoquais, dès le premier billet de ce blog il me semble, le suivi pas à pas de l'écriture d'un roman. Je commence dès aujourd'hui. Je suis retombé il y a peu sur quelques chapitres écrits il y a 4 ou 5 ans. Après relecture, je me suis dis qu'il était bête de laisser tomber ces quelques pages. Du coup, j'ai commencé une refonte totale de ces prémisses d'un roman. Aujourd'hui, le narrateur du roman se rend à un concert improvisé après avoir reçu un coup de téléphone d'une ancienne amie. Il s'y rend, subit la bouillie musicale des musiciens amateurs, et termine la soirée dans l'appartement d'un des musiciens. Cet extrait décrit la découverte de l'appartement par notre brave narrateur.

Le début de la souffrance

"On arriva enfin à l'appartement de Baptiste. Il vivait en collocation, comme beaucoup de gens de son espèce. Le genre de compromis médiocre qu’aime à mettre en avant les petits bourgeois avides d’indépendance. Une indépendance qui ne tient que par le vernis dont elle est enduite. Bien évidemment. Ca puait la clope, la sueur, le renfermé et même la gerbe dans certaines pièces. Baptiste et sa colocataire vivaient au milieu des CDs, des vinyles, des instruments de musique et des bières à moitié ouvertes. Une vraie porcherie indigne d’un être humain. Mais tout à fait adéquate pour un artiste type underground.

Dans le salon, on pouvait voir une table basse transparente, légèrement fêlée sur les côtés et globalement crade. Des ronds de crasse, disposées irrégulièrement sur la vitre, constituaient des témoignages fébriles d’anciennes beuveries. En face, un canapé un peu déglingué faisait office de « pose-culs ». La fesse frôlant à peine le tissu, on se sentait partir comme à la renverse. Aspiré par une entité molle qui n’avait pu lieu d’être. Disposés un peu partout, des sièges cherchaient à masquer le vide de cet antre.

Après le salon, ce fut au tour de la cuisine. Le carrelage n’était pas des plus brillants. Les jointures viraient marron. Le micro-onde était moucheté de tâches de sauce, les boites vides s'empilaient, sur la table de la cuisine ou sur le sol. Baptiste avait une certaine notion de l’hygiène qui avait de quoi surprendre. Une sorte de résurgence du baba-cool dans les années 2000. Un anachronisme à éradiquer comme un furoncle sur un postérieure.

Me dirigeant de nouveau vers le salon, je découvris la fameuse colocataire. Un joint dans les mains. Du bout des doigts, telle une fétichiste, elle cherchait à garder le plus longtemps possible son précieux objet. Elle tirait dessus à intervalle régulier, les yeux déjà rouges, l’air hébété. On pouvait dire qu’elle planait depuis un bon bout de temps.

Une fois que nous fûmes tous installés, Baptiste proposa une pizza à ceux qui en voulaient. Il était déjà 1 heure du matin. Vu l’état de la cuisine, je me suis dis que m’abstenir n’était pas une mauvaise chose. De la tête, je déclinai la proposition. Par contre, pour la bière, je n’hésitai pas un instant. Le cul vissé sur un haut tabouret noir, en cuir déchiré, j’observais tel un Zarathoustra de fortune la décadence festive d’une jeunesse ectoplasmique."