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lundi 28 juin 2010

Extrait - Jean Lorrain et les mondains

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Redirection en htm Jean Lorrain fait parti de ce courant littéraire que l'on appelle le Décadentisme. On retrouve dedans des écrivains plus connus comme Barbey d'Aurevilly ou Huysmans. Dandys bien souvent, mélancoliques voire nihilistes, ils marquent les esprits grâce à une écriture raffinée doublée d'un vrai désespoir.

Dans son livre, Monsieur de Phocas, Lorrain nous décrit son personnage principal comme sujet à des pulsions meurtrières. Voyant des masques partout, il développe une haine incroyable pour ses congénères et rêve de tuer quelqu'un. Le passage qui suit retranscrit le virulent portrait des mondains que fréquente le protagoniste.

Jean Lorrain, un vrai décadent

"Depuis que je le connais, la présence des autres m'est devenue plus intolérable encore, leur conversation surtout ! Oh ! comme elle m'angoisse et comme elle m'exaspère, et leur attitude, et leur façon d'être, et tout, et tout !... Les gens de mon monde, mes tristes pareils, comme tout ce qui vient d'eux m'irrite, m'attriste et m'oppresse, leur vide et bruyant bavardage, leur perpétuelle et monstrueuse vanité, leur effarant et plus monstrueux égoïsme, leurs propos de club !
Oh ! le ressassage des opinions toutes faites et des jugements appris, le vomissement automatique des articles lus, le matin, dans les feuilles et qu'on reconnaît au passage, leur désespérant désert d'idées, et là-dessus l'éternel plat du jour des clichés trop connus sur les écuries de courses et les alcôves des filles...et les loges des petites femmes ! Les petites femmes, autre loque de langage, la sale usure de ce terme avachi !
Ô mes contemporains, mes chers contemporains,... leur idiot contentement d'eux-mêmes, leur suffisance épanouie et grasse, le stupide étalage de leurs bonnes fortunes, les vingt-cinq et cinquante louis sonnant de leurs prouesses tarifées toujours aux mêmes chiffres, leurs gloussements de poules et leurs grognements de porcs, quand ils prononcent le nom de certaines femmes, l'obésité de leurs cerveaux, l'obscénité de leurs yeux et la veulerie de leur rire ! Beaux pantins d'amour en vérité, avec l'affaissement esquinté de leurs gestes et le démantibulé de leur chic (le chic, un mot hideux qui sied comme un gant neuf à leur allure, affalée, de croque-morts, épanouie, de Falstaff)... Ô mes contemporains, les ceusses de mon cercle, pour parler leur argot ignoble, depuis le banquier juif qui les a eues toutes et racole cyniquement pour l'Affaire, jusqu'au gras journaliste qui a son couvert, lui aussi, chez toutes, mais à de moindres taux, et parle tout haut ses articles, comme je les hais, comme je les exècre, comme j'aimerais leur manger et le foie et le fiel et comme je comprends les bombes de l'Anarchie !"

samedi 12 juin 2010

Moi et My Major Company Books

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Pour ceux qui veulent me lire, au lieu de retrouver des extraits éparpillés, je me suis inscrit au site My Major Company Books. Ce site reste une arnaque, de l'auto-édition déguisée, mais vous permet de mieux me découvrir et me lire.

 La nouvelle mode et moi


J'ai posté le premier chapitre du roman sur lequel je suis actuellement, format pdf, avec la liseuse du site ça passe niquel. Voilà.

jeudi 10 juin 2010

Fin du chapitre, le concert surprise

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La fin du chapitre, Le concert surprise. 


Ce soir, c'est combat !

"Seulement, je n’étais pas Mère Térésa et mon catéchisme n’était qu’un lointain souvenir. Je la pris par le bras, il fallait bien dégager le passage. A la première secousse, un gémissement. Elle bredouillait des choses complètement inintelligibles. Des sortes de râle de pitié. Son bédot encore à la main, elle avait le bout des doigts calcinés.

A force de garder trop longtemps la précieuse convoitise, cette conne se rôtissait elle-même, en partant des pognes. La colère doublée à une furieuse envie de rendre à César ce qui lui appartient, je soulevai cette blonde décolorée par le col. Mon pantin ne bougeait pas, il se balançait mollement au bout de mes bras. Furieux, je lui assénai une violente droite en pleine face. Une belle manière de rompre avec la fameuse galanterie masculine. K.O en un coup. Tel un Tyson de la belle époque, j’envoyai mon adversaire au tapis avec brutalité.

Sa tête frappa le carrelage des water-closets comme un obus sur une plage de Normandie. Le poc que provoqua le choc me fit découvrir un petit cratère presque mignon. Ma victime, qui venait de perdre une dent, saignait fortement de la bouche. On distinguait une protubérance blanche sortir de la cavité buccale. C’était presque beau.

Par habitude, je commençais à sortir mon sexe pour uriner tranquillement mais c’était sans penser à la redoutable secousse qui vint me rappeler, en un quart de seconde, à peine, le mal dont je souffrais. L’estomac se contractait avec force, la douloureuse sensation de chaud que l’on ressent dans l’œsophage devint plus forte que jamais. A peine le temps d’y penser que la gerbe dorée vint moucheter l’intérieur des toilettes.

Deux violentes secousses me mirent à terre. Sur les genoux, je terminai le boulot commencé. Sale et inutile. A force de raclement de gorges, j’expédiai une grande partie de la pourriture qui stagnait il y a encore quelques secondes dans mon estomac. Nauséeux au possible, en sueur, j’essayais de reprendre mes forces pour pouvoir sortir de ces toilettes et par la même occasion quitter cette assemblée.

Les quelques minutes d’effort qui suivirent me semblèrent durer des heures. Titubant, les jambes en coton, une odeur d’œuf pourri se dégageant de ma bouche, je sortis des toilettes, le salon comme ligne d’horizon. De l'herbe s’étalait sur la table, deux joints tournaient tranquillement pour satisfaire chacun.

Ma montre me signalait qu’il était déjà 3 heures du matin. Il fallait partir. Lucie se rapprochait de plus en plus de Baptiste, les groupies se déshabillaient dangereusement, les autres commençaient à planer. Je me mis dans l’idée de leur dire au revoir, à tous, mais je me retiens de le faire. Mon haleine fatale pourrait me porter préjudice. Et puis, j’ai horreur des joints.

D’un geste de la main, je leur montrai qu’il était temps que je rentre. Leurs gueules béats me répondirent avec un horrible sourire. Je pris la porte en emportant avec moi mon mal de ventre. Soirée de merde."

mercredi 9 juin 2010

Le concert surprise - deuxième suite

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La suite du roman, le chapitre "Le Concert surprise".

Fraternisons mes frères

"Comme tout groupe de la même trempe, les paroles avaient leur importance. « Chansons à texte » précisait Baptiste fier de lui. Apparemment, c’était lui l’auteur de ces saillies. Forcément, idéologiquement très marquées. Il s’agissait de traiter un peu tous les problèmes du monde, les belles causes. Des sans-papiers à la pauvreté, les chansons formaient un tel amas de pathos qu’un diabétique en crèverait rien qu’à la vision de ce galimatias.

Moi je ne mourrais pas, je souffrais en silence. Mon statut d’esthète violemment tancé par ces quelques productions musicales. Assez rapidement, toute l’assistance commença à parler musique, plus précisément du groupe de Baptiste. Fier de lui, tel le Candide de Voltaire, notre brave garçon se lança dans une pénible énumération des tentatives du groupe pour percer.

Ils enchaînaient les sortes de crochets et autres compétitions musicales, dès qu’une salle de concert ou une association mettait sur pied quelque chose qui s’apparentait à ça, le groupe se radinait avec ses dernières productions sous le coude. Malgré la médiocrité ambiante, tout entretien se soldait par un échec. Cuisant et violent.

Je me demandais tout de même comment il faisait, tous, pour vivre. S’ils pensaient vivre de leur « art », mieux valait vivre petitement. Ce qui n’avait pas l’air d’être le cas ici vu l’approvisionnement en bières et pizzas qui formaient désormais une sorte de train lascif de la cuisine jusqu’au salon. La question n’était pas taboue mais était vite éludée, j’eus ma réponse au détour d’une conversation. Ils étaient étudiants.

Tous, Baptiste comme ses camarades. Batteur, bassiste, guitariste la nuit et étudiant le jour. Sans trop faire d’effort, je compris avant même que la chose ne me soit confirmée que papa/maman finançait la vie minable de leurs progénitures. Chacun, le cul bien au chaud, pouvait se permettre de plonger à grandes brasses dans le déni du réel puisque le filin qui les retenait à la surface ne lâcherait jamais. Des parents qui paient l’indépendance de leurs enfants, c’est d’un banal.

La bière, ou plutôt les bières, commençait à faire son effet. Sans être pompette, j’avais le cerveau qui commençait à marcher au ralenti. Typique lorsqu’on ne mange pas en même temps que l’on boit. Du coup, avec un temps de latence plus ou moins grand, j’essayais de suivre les discussions hilares qui m’entouraient sans réussir pourtant à raccrocher les wagons.

A ma droite venait de s’engager un discours philosophico-mystique. Ils parlaient politique avec une naïveté à la hauteur de leur ignorance. Comme des artistes. C’était du Tocqueville sans le talent, du Robespierre sans l’audace, du Marx sans la pertinence. Bref, c’était du rien, du vent, du que dalle.

Pourtant, ils ne pouvaient s’empêcher, groupies, fans comme le groupe, de se pignolaient joyeusement, tous ensemble, dans cette espèce de fraternité répugnante que les gauchistes adorent. Ma seule envie à moi, c’était de me diriger vers les toilettes histoire d’évacuer cette mauvaise bière. Je luttais pour ne pas tout renvoyer, là, maintenant, au milieu de cette instance de joyeux drilles.

J’avais autant envie de gerber que de me lever d’un coup, et beugler, avec force et fracas, mon dégoût pour cette bande de crasseux. "Vous me faîtes chier bandes de cons", je ne le dis pas. Emasculé que j’étais par des années de pacifisme et d’éducation socialisante. Mou du genou, chèvre bêlante, petit médiocre forgée à la lumière du prêt à penser.

Mieux valait éviter l’esclandre, même si la chose me chatouillait de plus en plus. Je préférais me diriger vers les toilettes et faire ma petite affaire. A peine arrivé au lieu-dit, je rencontrai une fois encore la colocataire avec son joint dans les mains. Elle dormait à moitié sur la cuvette des chiottes. Comme cassée."

lundi 7 juin 2010

Le concert surprise - la suite

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Aujourd'hui, j'ai décidé de publier la suite du premier extrait du roman sur lequel je travaille actuellement. Souvenez-vous donc, le narrateur/personnage se retrouve, après un concert d'amis d'une amie, dans l'appartement de l'un des musiciens. Après une visite des lieux, les convives se posent et discutent.


Des groupies déchaînées

"La discussion commença rapidement. Je l’entrecoupais de quelques gorgées de bière. Baptiste se tenait  en face de Cécile. Tous les deux, ils parlaient musique, déliraient gentiment sans se douter que je n’y comprenais rien et que ce communautarisme du rire m’emmerdait profondément. Il y a comme une régression mentale chez certains jeunes qui me donne à vomir. Comme si l’intelligence, la réflexion étaient devenues des gros mots qu’ils faillaient battre à coups de rires imbéciles.

Les autres musiciens étaient dispatchés dans la pièce. Deux sur le canapé, un sur un pouf derrière la table basse. Ils parlèrent du concert bien entendu, de musique, tout en caviardant leurs propos d’un jargon branchouille qui m’était étranger. La soirée allait être longue.  

On sonna, c’était les deux groupies de tout à l’heure. Des poufiasses de premier choix, en total admiration devant ces musiciens de bazar. C'était leur Beatles à eux, sans aucun doute. L’une était brune, assez grosse, avec des lunettes, l’autre affichait une blondeur fadasse doublée d’une maigreur déplorable. Leur jovialité masquait difficilement la vacuité de leurs personnes.

Elles vendaient des colliers de perles à la sortie des concerts du groupe. C'était ça leur but dans la vie. Cette espèce de résidu d'une révolte estudiantine attardée. Une idéologie à peine digne des gogues. Des marginales qui, par un mimétisme dont elles ne se rendaient pas compte, reproduisaient les logiques d’un marché qu’elles critiquaient en le simplifiant à l’extrême. Même pas baisables.

Leurs recettes étaient maigrichonnes, pour ne pas dire risibles. Je dus les embrasser, malgré la forte répugnance que j’avais à poser mes lèvres sur ces joues suintantes de gauchistes. La brune portait une de ces écharpes pleine de couleurs et de discrétion comme on en fait de nos jours. L'autre arborait un bandana rouge, noué autour de son poignet. C’était le genre de connes à parler avec effusion de la liberté, sans comprendre que le libre arbitre c’est le degré zéro de la liberté.

Elles s’assirent à côté de moi, sur le canapé. Elles ne pouvaient s’empêcher de rire aux éclats à chaque fois qu’on leur adressait la parole. Comme une mécanique non justifié mais incontrôlable. Je m’efforçais d’afficher un sourire, en dépit de ma nervosité, pour ne pas trop jurer dans cette assemblée de festifs.

Pour créer une ambiance, comme il aimait à le dire, Baptiste venait de lancer un CD des dernières compositions du groupe. Pas encore connu, mais bourré de talent. Il nous l’assurait avec une telle conviction qu’on ne pouvait que rallier son jugement. Le style, s’il fallait le définir, empruntait à beaucoup d’univers existants. Une sorte de melting-pot foutraque où se retrouvait autant la chanson réaliste à la française que des sonorités africaines ou encore un rock calibré jeunes bourgeois"