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jeudi 27 mai 2010

Extrait - Finkielkraut et le préjugé

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Redirection en htm Aujourd'hui, petit détour par l'un de nos contemporains, Alain Finkielkraut. Plus penseur, essayiste, que philosophe, Finkielkraut reste pourtant une figure intellectuelle intéressante de notre époque. Dans son ouvrage, La Défaite de la pensée, on peut lire une critique de ce temps qui ne cesse de renier ses fondements, la culture et donc son identité, pour des données marchandes. En clair, l'éradication de ce qui n'est pas dans le marché par le marché.

Dans l'extrait qui suit, Finkielkraut nous parle des contre-révolutionnaires et du préjugé comme fédération d'un peuple. Là où les philosophes ne voient qu'un ennemi à combattre. Une critique rare dans une époque où le milieu scolaire ne cesse de chérir les philosophes des Lumières.

Alain défend les préjugés

"En proclamant leur amour du préjugé, contre-révolutionnaires français et romantiques allemands réhabilitent le terme le plus péjoratif de la langue des Lumières, et - comble d'audace, provocation suprême - ils l'élèvent à la dignité de culture. Ce n'est pas, disent-ils, l'obscurantisme qui fleurit sur le sommeil de la raison individuelle, c'est la raison collective. Présence du "nous" dans le "je" et de l'antérieur dans l'actuel, véhicules privilégiés de la mémoire populaire, sentences transmises de siècle en siècle, intelligence d'avant la conscience et garde-fous de la pensée - les préjugés constituent le trésor culturel de chaque peuple. Sous prétexte de répandre les Lumières, les philosophes se sont acharnés contre ces précieux vestiges. Au lieu de les chérir, ils ont voulu les détruire. Et, non contents de s'en défaire pour leur propre compte, ils ont exhorté le peuple à les imiter."

jeudi 13 mai 2010

Extrait - Nietzsche et les Français

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Redirection en htm On peut trouver étrange que je parle aujourd'hui d'un philosophe dans un blog qui se veut pourtant littéraire. Seulement, je ne parle pas de n'importe qui mais de Nietzsche, notre nihiliste adoré. C'est en parcourant rapidement son livre Par-delà le bien et le mal que j'ai pu relever quelques passages bien sentis du philosophe allemand. Au-delà de la pertinence des idées, on aime chez Nietzsche son écriture qu'on pourrait qualifier, au risque de choquer les puristes, de littéraire.Un peu comme Rousseau.

Lire du Nietzsche demande un effort de réflexion, d'incessants retours mais l'exercice reste agréable grâce à ce talent de styliste de Friedrich. Pour rester dans les philosophes allemands, on obtiendrait, au mieux, un mal de crâne en lisant Kant là où Nietzsche arrive à dessiner un sourire sur notre visage. Le passage que j'ai choisi aujourd'hui nous concerne puisque notre philosophe teuton parle des Français. Un éloge finalement pas si daté si l'on considère notre époque avec un œil intransigeant.

Nietzsche aime la France

"Aujourd'hui encore, la France est le refuge de la culture la plus intellectuelle et la plus raffinée qu'il n'y ait en Europe et reste la grande école du goût : mais il faut savoir la découvrir, cette "France du goût". Qui en fait partie prend soi de se tenir caché : - ils sont peu nombreux et dans ce petit nombre, il s'en trouve encore, peut-être, qui ne sont pas très solides sur jambes, soit des fatalistes, des mélancoliques, des malades, soit encore des énervés et des artificiels, qui mettent leur zèle à rester cachés".