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vendredi 3 août 2012

Catulle et l'amour physique

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Redirection en htm On ne se rend pas compte à quel point la sensibilité d'aujourd'hui, en Occident, est clairement le fait d'une influence chrétienne qui se fit sur plusieurs siècles. Les notions de pudeur, de résistance à la vulgarité sont autant de marques de la pensée biblique. La sensibilité qui en émane est profondément en opposition avec ce que l'on pouvait lire, par exemple, à Rome quelques décennies avant la naissance du Christ.

Au temps de l'Antiquité romaine, la liberté de ton était plus forte. Certaines pratiques, réprouvées par l’Église, comme l'homosexualité, étaient tolérées. En découvrant Catulle, poète romain, je découvris également un nouveau rapport au corps mais aussi à ce que l'on appelle encore parfois "les bonnes mœurs". Les poèmes de Catulle sont souvent vulgaires pour nos oreilles d'occidentaux christianisés, de gré ou de force, mais sont surtout d'une grande drôlerie. La poésie ne se résume pas à quelques pauses mélancoliques de romantique français, elle peut aussi se faire plus directe et cocasse. Voici un extrait d'un poème de Catulle illustrant à merveille ce poète de l'outrance.

Catulle
« Thallus l’enculé, plus mou que le poil du lapin, que la moelle de l’oie, que le fin bout de l’oreille, que le membre flasque du vieillard, que la toile moisie de l’araignée, Thallus, plus rapace aussi que les tourbillons de la tempête, quand la lune tem ontre les hens du vestiaire qui bâillent, renvoie-moi mon manteau que tu m’as volé, mon moncoir de Saetabis et mes broderies thyniennes, que tu étales à tous les yeux, imbécile, comme un legs de tes ancêtres. Décolle-moi tout cela de tes ongles et renvoie-le moi, sinon sur tes petites côtes velues et sur tes mains mollettes les coups de fouet brûlants laisseront leurs traces honteuses et tu t’agiteras de manière insolite comme un frêle esquif surpris sur la mer immense par un vent furieux. »
 
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lundi 7 juin 2010

Extrait - Paul-Louis Courier et la liberté d'expression

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Redirection en htm Fouillant dans les abysses de la littérature, je suis tombé il y a peu sur un personnage aujourd'hui complètement oublié mais diablement intéressant. Son nom, Paul-Louis Courier, pamphlétaire de son état, libéral et anti-clérical en cette fin de 18ième siècle, début 19ième.

Totalement en marge de l'idéologie dominante de son époque, notre homme ne fournit malheureusement que quelques œuvres mineures. Des opuscules littéraires, des lettres et des pamphlets. Pourtant, lorsqu'on lit Le Pamphlet des pamphlets , on découvre le passage que j'ai retranscrit ci-dessous. Une vision de la liberté d'expression reposant des principes libéraux, très anglais, et une certaine idée d'une collectivité pensante et agissante. Chacun corrigeant et proposant pour permettre d'affiner les recherches. Et puis, lorsqu'on lit la description des ennemis de cette expression pleine et entière, on ne peut penser qu'à notre intelligentsia actuelle qui squatte gentiment les plateaux de télévision. Forcément, tellement pertinent.

Paul-Louis, un pamphlétaire oublié

"Laissez dire, laissez-vous blâmer, condamner, emprisonner, laissez-vous pendre; mais publiez votre pensée. Ce n'est pas un droit, c'est un devoir, étroite obligation de quiconque a un pensée de la produire et mettre au jour pour le bien commun. La vérité est toute à tous. Ce que vous connaissez utile, bon à savoir pour un chacun, vous ne le pouvez taire en conscience. Jenner qui trouva la vaccine eût été un franc scélérat d'en garder une heure le secret; et comme il n'y a point d'homme qui ne croie ses idées utiles, il n'y a point d'homme qui ne croie ses idées utiles, il n'y en a point qui ne soit tenu de les communiquer et répandre par tous moyens à lui possibles. Parler est bien, écrire est mieux; imprimer est excellente chose. Une pensée déduite en termes courts et clairs, avec preuves, documents, exemples, quand on l'imprime, c'est un pamphlet et la meilleur action, courageuse souvent, qu'homme puisse faire au monde. Car si votre pensée est bonne, on en profite, mauvaise on la corrige et l'on profite encore. Mais l'abus...sottise que ce mot; ceux qui l'ont inventé, ce sont ceux qui vraiment abusent de la presse, en imprimant ce qu'ils veulent, trompant, calomniant et empêchant de répondre. Quand ils crient contre les pamphlets, journaux, brochures, ils ont leurs raisons admirables. J'ai les miennes et voudrais qu'on en fît davantage, que chacun publiât tout ce qu'il pense et sait!"