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mercredi 24 octobre 2012

John Kennedy Toole et le zèle policier

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Redirection en htm L'Amérique a fourni au monde, dans la deuxième moitié du XXème siècle, plusieurs écrivains qui marquèrent de leur empreinte la littérature. Souvent affiliés au domaine de l'auto-fiction (John Fante, Charles Bukowski, Exley, etc.), certains créèrent dans un cadre plus classique (roman à la troisième personne, etc.). Ce fut le cas de John Kennedy Toole et de son roman : La Conjuration des imbéciles.


John Kennedy Toole

La vie de Toole est presque aussi romanesque que son oeuvre, finalement très réduite puisqu'elle comprend l'ouvrage dont nous allons parler et La Bible de néon. Toole écrit donc sa Bible, premier roman qui ne fait pas grand bruit, remplit ses obligations militaires puis de retour chez ses parents, après de multiples tentatives de publication (ratées), se suicide. Toole avait 31 ans. C'est grâce à sa mère, qui proposera le manuscrit de feu son fils à divers hommes de lettres que La Conjuration des imbéciles sera publié. A titre posthume, Toole recevra le prix Pulitzer de la fiction.

La Conjuration des imbéciles raconte l'histoire d'Ignatius J. Reilly, un américain obèse vivant chez sa mère, cynique et plein de grandes idées sur le monde. Une sorte de décadent outrancier, étrange mélange entre un personnage de Huysmans (des Esseintes d'A Rebours) et le burlesque américain ("a mad Oliver Hardy" dira Walker Percy dans une préface). Ignatius oscille en permanence entre un pessimisme faisant mouche et l'outrance, la bouffonnerie.

L'extrait ci-dessous illustre cet étrange mélange. Alors qu'Ignatius attend sa mère à l'extérieur d'une boutique, un policier l'interpelle du fait, principalement, de son accoutrement (le bonhomme a une casquette verte et une tonne de vêtements sur lui). Ignatius s'offusque et se lance dans une longue tirade où la colère saine côtoie bien rapidement le lyrisme fou de ce personnage excessif.

"Notre ville est célèbre pour ses joueurs professionnels, ses prostituées, ses exhibitionnistes, ses antéchrists, ses ivrognes, ses sodomites, ses drogués, ses fétichistes, ses onanistes, ses pornographes, ses fripons, ses coquines, ses vandales et ses lesbiennes, tous et toutes dûment protégés par la prévarication et le trafic d’influence. Si vous avez un moment, je suis prêt à entreprendre de débattre avec vous du problème de la criminalité, mais ne commettez surtout pas l’erreur de m’importuner moi"

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mardi 28 août 2012

Frederik Exley et la mort du père

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Frederik Exley fait parti de ces écrivains étranges qui marquent par une production littéraire mince mais percutante. Point de grandes entreprises, point fourgaisons annuelles, Exley est l'homme d'un seul livre : Le Dernier stade de la soif.


Frederik Exley

A l'instar de Charles Bukowski, Exley est un écrivain nord-américain, alcoolique, qui vit pleinement la vie douloureuse des délaissés de l'American Dream. Le lire, c'est toucher au plus près la réalité de ces nécessiteux, besogneux de l'ombre, qui souffrent et qu'aucun écrivain (à moins d'en être) ne peut connaître. A Fan's Notes, titre original, montre au lecteur un parcours sinueux d'homme dérivant, passant du grotesque au sublime, du drolatique à l'émouvant. Une palette d'émotions servie par une très belle traduction française. On découvre tardivement Exley, un talent d'un bloc, brut.

L'extrait ci-dessous permet de découvrir une facette d'Exley. Un écrivain de la tendresse, de l'émotion qui ne cherche pas à tirer des larmes, à se vautrer dans un pathos grossier et un peu gênant. Exley raconte, simplement, sobrement, la mort du père, son père.

Face à la mort, mon père fut bien différent. Il n’était, bien évidemment, plus du tout dur. Le cancer des poumons avait superbement fait son boulot, et si mon père avait jadis semblé parfaitement incarner le prolétaire, dans la mort, il aurait pu passer pour un aristocrate, ou un grand poète mort à l’aube de sa carrière. D’un calme apparent, il semblait avoir été rongé par une vision, tel un prophète spectral, devenu muet par excès de savoir. Mais j’étais incapable de faire face à de telles images. Il pesait une trentaine de kilos, et dans l’une de ces impardonnables plaisanteries dont les membres de sa profession aiment faire de nos cadavres les objets, le croque-mort avait ôté son rictus figé et mélancolique. L’effet d’ensemble – son corps ravagé, le fond de teint ocre, le rouge à lèvres et l’odeur lourde et capiteuse des roses funéraires – compromettait sérieusement sa virilité. Rien ne suggérait les mois d’agonie et d’interminables angoisses, angoisses qui, lors des derniers stades de la maladie, avaient atteint une telle immensité qu’un jeune médecin, dans un sursaut d’impuissance, avait dû asséner une gifle à mon père. Je comprends son geste. Mon père était arrivé au point où les doses massives de morphine ne le réconfortaient plus, et je suppose que ce débutant, terrifié par son incapacité à répondre aux supplications de mon père, en quête d’un soulagement impossible, avait levé la main non pas sur lui mais sur sa propre ignorance. Il me fallut cependant un bon bout de temps avant de le comprendre et de le lui pardonner. Pendant des années, j’avais caressé le fantasme de retrouver ce chirurgien, de le mettre à terre et de lui enfoncer d’un coup de pied les dents jusqu’au fond du crâne.

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mercredi 12 mai 2010

Bazar littéraire - Bukowski et son journal intime

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J'inaugure aujourd'hui un petit rendez-vous concernant la littérature, cette fois-ci sous forme de vidéos. Bazar littéraire, ce sera pour moi l'occasion de critiquer quelques livres ou vous faire découvrir les grands moments de l'histoire de la littérature.

Aujourd'hui, j'ai décidé de vous parler de ce brave Charles Bukowski et de son journal intime. Œuvre posthume mineure mais pas inintéressante.



A bientôt