Marc n'est qu'amour
Pourtant, on peut dire qu'un livre est mauvais, ou bon. On peut le démontrer. En abordant ce sujet, je me souviens que lors d'une discussion en classe, cette année, je me suis heurté à l'incompréhension de pas mal de mes camarades. Une de mes collègues m'a même dit, "Qui est-on pour juger ?". La réponse est simple, un initié. Par ma culture, le travail effectué sur des œuvres, ma capacité à réfléchir je peux dire qu'un Marc Levy est une merde infâme. Car, les personnages sont des stéréotypes grossiers (contrairement à un Djian qui les déforme avec malice), des histoires qui se confondent dans le pathos le plus mièvre qu'il soit doublées d'un style à peine digne de la prose d'un enfant de cinq ans.
En lisant il y a peu Comme un roman de Daniel Pennac, je suis tombé sur un passage expliquant merveilleusement bien cette distinction que l'on doit opérer entre les bons et les mauvais livres.
Le vilain romancier qui ose réhabiliter la critique
"Pour être bref, taillons très large : disons qu'il existe ce que j'appellerai une "littérature industrielle" qui se contente de reproduire à l'infini les mêmes types de récits, débite du stéréotype à la chaîne, fait commerce de bons sentiments et de sensations fortes, saute sur tous les prétextes offerts par l'actualité pour pondre une fiction de circonstance, se livre à des "études de marché" pour fourguer, selon la "conjoncture", tel type de "produit" censé enflammer telle catégorie de lecteurs.
Voilà, à coup sûr, de mauvais romans.
Pourquoi ? Parce qu'ils ne relèvent pas de la création mais de la reproduction de "formes" préétablies, parce qu'ils sont une entreprise de simplification (c'est-à-dire de mensonge), quand le roman est art de vérité (c'est-à-dire de complexité), parce qu'à flatter nos automatismes ils endorment notre curiosité, enfin et surtout parce que l'auteur ne s'y trouve pas, ni la réalité qu'il prétend nous décrire.
Merci Daniel.
