vendredi 12 octobre 2012

Edouard Drumont et la France Juive

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Redirection en htm Edouard Drumont fut le grand représentant français, même si sa famille est originaire des Flandres, de l'antisémitisme fin XIXème/début XXème siècle. Avec son oeuvre colossale, plus de mille pages, La France juive Drumont prétendait dénoncer et démonter le "système capitaliste juif".



Drumont est honni par les intellectuels aujourd'hui, voire oublié de tous. Il faut dire que la fixette du bonhomme sur la question juive ne plaide pas en sa faveur. Pourtant, comme c'est souvent le cas, en cherchant à comprendre Drumont dans le texte on se rend compte que le pamphlétaire n'était pas aussi caricatural et primaire qu'on peut le penser, a priori. En effet, il n'y a pas chez Drumont la volonté d'englober la communauté juive dans un type : "Le Juif". Au contraire, Drumont fait cette distinction, comme le fera Karl Marx d'ailleurs dans Sur la question juive, entre le religieux et le non-religieux.


« Le grand reproche que m’ont fait ceux qui attaquent notre religion du matin au soir, qui en tournent les cérémonies en ridicule, couvrent ses ministres d’injures sans nombre, a été de m’être attaqué par fanatisme à une religion différente de la mienne. Or, comme je l’écrivais au juif Lisbonne, il n’y a pas dans les douze cents pages de La France juive, un outrage à un rabbin, une raillerie même inoffensive contre les croyances dont je ne parle qu’avec infiniment de circonspection. »

La grille de lecture de Drumont est certes judéo-centrée, rien que le titre de son grand ouvrage le prouve, mais respectueuse du fait religieux. La cible de Drumont, c'est le juif boursicoteur, personnage plus ou moins fantasmée et non le rabbin. D'ailleurs, comme on peut le voir dans l'extrait ci-dessous, Drumont est loin d'être un penseur manichéen, un optimiste cocardier, un nationaliste naïf. Ces caricatures tombent lorsque l'on lit la prose du pamphlétaire.

"Mon erreur fondamentale a été de croire qu’il existait encore une vieille France, un ensemble de braves gens, gentilshommes, bourgeois, petits propriétaires, fidèles aux traditions de leur race et qui, égarés, affolés, par les turlutaines qu’on leur débite depuis cent ans, reprendraient conscience d’eux-même si on leur montrait la situation telle qu’elle est, se réuniraient pour sauver leur pays. Pour être juste, il faut ajouter qu’il m’était bien difficile d’éviter ce malheur. Depuis vingt ans nous avons vécu dans cette idée qu’il y avait deux partis : d’un côté des vrais Français, honnêtes, généreux, épris de la grandeur de leur patrie ; de l’autre, des exploiteurs, des républicains cyniques, des tripoteurs éhontés, persécutant et opprimant les vrais Français honnêtes. Cette conception est absolument erronée. En réalité, il n’y a pas deux partis politiques, il y a un système, le système capitaliste juif, auquel sont également affiliés les représentants des partis qui se disputent le pouvoir. A ce système, les républicains plus avisés, parce qu’ils sont plus besogneux, demandent peut-être des satisfactions plus immédiates ; ils font preuve, peut-être de plus d’âpreté et d’impudence, mais les conservateurs sont aussi attachés à ce régime que les républicains ; ils ont peut-être plus d’intérêt qu’eux à sa durée, et ils n’entendent pas qu’on y touche." 

Dans cet extrait, on retrouve d'une certaine manière la critique du fameux clivage, tant évoqué encore aujourd'hui, gauche-droite (d'un côté le social, de l'autre l'esprit conservateur). Certes, les termes ne sont pas les mêmes, l'époque est différente, mais il y a une mécanique peinte dans ces quelques lignes qui trouvent un écho certain aujourd'hui. Les républicains et les conservateurs renvoient à notre gauche (PS)/ droite (UMP), ce bipartisme déguisé ("deux partis politiques" dit Drumont). Le "système capitaliste juif", en enlevant la judéomanie, existe toujours. Le capitalisme est là, la mondialisation est là, l'impact des banques (JP Morgan, Rotschild, etc.) est là comme le montre, un exemple au hasard, le documentaire Inside Job. Drumont ne croit pas à la valeur des uns et à la bêtise des autres. Il comprend qu'au-delà du politique, il y a des lobbies d'argent, un système boursicoteur qui domine. Les politiciens ne tiennent au fond que la vitrine, de la communication et non plus une gestion réelle du pouvoir.

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