lundi 10 septembre 2012

Emile Zola et la spéculation boursière

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Redirection en htm On est souvent étonné de découvrir que de nombreux romanciers furent antisémites. De Voltaire à Balzac en passant par Montesquieu, il est forcé de constater que même les personnages célébrés de nos jours (résidents du Panthéon par exemple) attaquèrent violemment la communauté juive à propos de questions d'argent.

Il existe des antisémitismes comme il y a des causes à l'antisémitisme. Bernard Lazare dans son excellent L'Antisémitisme, son histoire et ses causes le montre avec minutie. Les Juifs attirèrent sur eux la haine de différents peuples, de différentes cultures, à différentes époques, pour diverses raisons : politiques, économiques, etc.



On pourrait schématiser l'antisémitisme en le cristallisant dans une sorte de clivage. Il y a un antisémitisme réactionnaire, que l'on peut voir facilement dans les médias (groupes extrémistes, etc.), et un antisémitisme économique. Le second est plus intéressant car c'est dans cette partie de l'antisémitisme qu'on trouve Jules Verne, Balzac, Montesquieu et, l'auteur du jour, Emile Zola.

Zola est particulièrement riche comme sujet d'étude puisqu'il fut l'ardent défenseur du capitaine Dreyfus. Il lutta contre Edouard Drumont et d'autres conservateurs en publiant le fameux article de l'Aurore, J'accuse. Zola fustige l'antisémitisme, et surtout une injustice, mais se montre également très critique à l'égard de la présence juive dans la finance.


Emile Zola

Son roman L'Argent sera ainsi une charge envers cette présence de la communauté juive. La critique se focalise sur le personnage de Gundermann, un banquier particulièrement redoutable. Voici deux extraits illustrant cette dualité qui n'a rien de paradoxale puisqu'elle se réfère à un antisémitisme (le mot est d'ailleurs inadapté, il s'agit plus ici d'un anti-judaïsme économique) qui n'a rien de réactionnaire ou conservateur. Zola critique la finance en s'inspirant de faits réels, le krach de l'Union générale (le banquier Eugène Bontoux ruiné par la spéculation de Rotschild), cerne et évoque l'origine ethnique de la spéculation. Zola ne critique pas le Juif parce qu'il est juif mais le Juif spéculateur, ce que n'était pas Dreyfus.

Dans le premier extrait, Zola oppose Saccard, frère d'Eugène Rougon, qui tente de se refaire une fortune via la spéculation boursière, au banquier Gundermann. Seulement, sur le marché de la Bourse c'est le second qui règne et qui entretient un système qui a tout du réseau et des tractations de l'ombre.

"Gundermann seul affectait de ne jamais mettre les pieds dans la grande salle (NDLR La Bourse); il n'y envoyait même pas un représentant officiel, mais on y sentait une armée à lui, il y régnait en maître absent et souverain, par la légion innombrable des remisiers, des agents qui apportaient les ordres, sans compter ses créatures, si nombreuses, que tout homme présent était peut-être le mystérieux soldat de Gundermann. Et c'était contre cette armée insaisissable et partout agissante que luttait Saccard, en personne, à front découvert."

Maintenant voici la description d'une petite bourse de valeurs déclassées avec, probablement, les descriptions les plus virulentes des Juifs.

"Il y avait là, en un groupe tumultueux, toute une juiverie malpropre, de grasses faces luisantes, des profils desséchés d'oiseaux voraces, une extraordinaire réunion de nez typiques, rapprochés les uns des autres, ainsi que sur une proie, s'acharnant au milieu de cris gutturaux, et comme près de se dévorer entre eux".

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